Couleuvrine à queue

compte-rendu de mes tirs à balles réelles

Dimanche 26 septembre 2004 :

Je me rends au stand de tir de Comblain-la-Tour. J’ai avec moi 10 doses de poudre noire, 10 billes de plomb, 10 bourres en papier (cotillons), 10 morceaux de tissus de gaz stérile (pas pour me soigner), un pot de vaseline (héhéhé) et tout ce qu’il faut pour tirer, même à blanc.
Sur les 10 billes, 3 étaient hors calibre. Impossible de les insérer dans le canon. Il me restait donc 7 projectiles utilisables.

Les deux premiers essais, je n’ose pas bourrer la charge de poudre. Je me contente donc de la verser dans le canon, de placer une bourre de papier (cotillon), d’enfoncer le tout jusqu’au fond du canon sans forcer puis d’insérer une bille enrobée dans de la gaz et imbibée de vaseline (conseils de Jean-Robert). J’enfonce la bille au fond du canon, sans forcer. Je mets du pulvérin dans la lumière, je vise et ….. FEU (en serrant les fesses).

Extrêmement difficile de viser. En effet, l’axe de tir est totalement décalé par rapport à la vue (l’axe de tir est en bas à droite puisque la couleuvrine est maintenue sous mon bras droit). Je dois donc viser au juger. Et ça, ce n’est pas des plus efficace.
La cible (identique à celles pour armes de poing) se trouve à 25 m du tireur. 5 m derrière la cible, se trouve le tas de sable qui « récolte » les projectiles.

Premier tir :

  • J’entends derrière moi des « houf-ti ». Et oui, première fois que ces messieurs-dames entendent un calibre 18 mm (bin oui, le plus gros calibre en armes de poing est le 44. Ce qui nous fait du 11 mm).
    La cible ? Ratée ! Quelqu’un a vu l’impact ? Non ! M…. !!!

Second tir :

  • Cette fois, tout le monde est bien attentif pour repérer l’impact de la balle dans le sable.
    Quelques minutes de préparation (nettoyage de l’intérieur du canon, chargement toujours sans tasser la charge, visée) et c’est le second coup qui part.
    La cible ? Ratée ! Quelqu’un a vu l’impact ? Oui ! Haaa ! Un demi-mètre trop haut et un demi-mètre trop à gauche.
    Bon ben, on va essayer de se corriger.

Troisième tir :

  • Cette fois, puisque le recul de deux premiers tirs était faible, je prends le risque de tasser la charge (comme lorsque je tire à blanc). Pour le reste, même préparation que précédemment. Je vise, je serre encore plus les fesses (charge tassée, aïe aïe aïe), je fais feu. J’entends derrière moi « Putain, hé, j’m’éloigne moi !!! ». Ben oui, avec la charge tassée, le coup a superbement bien claqué. Quant au recul, houf-ti, accrochez-vous.
    La cible ? Ratée ! Quelqu’un a vu l’impact ? Oui ! Hahaaa ! Un quart de mètre trop bas et un demi-mètre trop à gauche.
    Bon ben, c’est mieux mais faut encore se corriger.

Quatrième tir :

  • Dorénavant, je tasserais toujours la charge. Ainsi, la détonation sera beaucoup plus sèche et franche. Par contre, il faudra que je maintienne la couleuvrine très fermement pour limiter le recul.
    Je vise, je tire. A présent, les « spectateurs » sont habitués au bruit.
    La cible ? Ratée ! Quelqu’un a vu l’impact ? Oui ! Hahahaaa ! Pile dans l’axe horizontal mais un demi-mètre trop à droite.
    Bon ben, quand j’en aurais marre de tourner autours de la cible, … Faut encore me corriger.

Cinquième tir :

  • Ca devient une routine.
    Cette fois, pour viser, je me place tel que je pense devoir me mettre, j’évalue la visée puis je demande à mon père de se mettre derrière-moi pour corriger ma visée. Il s’accroupit, me corrige (un peu plus haut, un peu plus à droite, …).
    Quant on pense que c’est OK, il se met dans le box d’à côté et prend ses jumelles pour bien visualiser l’impact.
    Je fais feu et, … La cible ? Ratée ! Quelqu’un a vu l’impact ? Non ! … nom di d’ju, va !

Sixième tir :

  • Nous recommençons exactement la même chose.
    La cible ? Ratée ! Quelqu’un a vu l’impact ? Oui ! Hahahahaaa ! J’ai touché un des deux bois qui portent la cible.
    Je me rapproche, je me rapproche. Encore un petit effort.
    Nous allons voir ce bois de près : il s’agit d’un bois de section carrée de 7 cm de côté. La balle l’a accroché sur sa face supérieure et a donc creusé une tranchée en forme de demi-rond sur toute l’épaisseur du bois.
    De toute évidence, la balle n’a pas été déviée par le bois. Si la balle avait atteint ce bois en son centre, elle l’aurait très certainement explosé.

Septième et dernier tir :

  • Même préparation et même moyen de visée.
    La cible ? Ratée ! Quelqu’un a vu l’impact ? Non ! Et m… !!!
    Roblain commence à fatiguer.

Conclusions de l’entraînement du 26 septembre 2004 :

  • Il est extrêmement difficile de viser. Cela demandera beaucoup d’entraînement.
  • Pour avoir une détonation franche et directe, il est nécessaire de tasser la poudre.
  • Le tir, à 30 mètres (distance entre le tireur et le tas de sable), est tendu et puissant.
  • Il faut beaucoup de poigne pour maîtriser le recul.
  • J’y retournerais.
  • Ne pas forcer l’insertion des billes dans le canon. Les trois billes trop grosses seront refondues par Jean-Robert, je suppose.
  • J’aimerai organiser une matinée de tir à balles réelles avec quelques collègues de la compagnie. Si cela tente quelqu’un, contactez-moi.

Essais réalisés par Stéphane Roblain.
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